Après avoir eu (encore) quelques jours de pluie consécutifs,
comme en juin, c’est avec l’envie de revoir le soleil que je m’envole en début
de soirée pour aller rejoindre Guillaume dans le Top End. Crocodile Dundee, ça
vous dit quelque chose ? Il habite là-bas. Ou plutôt ils. Parce que c’est
un état d’esprit, mais on n’y reviendra plus tard. C’est un peu perdu comme
coin, même si l’Indonésie n’est pas bien
loin. Et puis Alice Springs n’est qu’à 1500 km, mais ce n’est pas non plus la
mégalopole régionale. En même temps, il faut le vouloir pour vivre avec un tel
climat : déjà, proximité de l’équateur oblige, la durée des journées
diffèrent d’une demi-heure sur l’année, le soleil se couche donc annuellement
autour de 6h30pm. Et pour ce qui des saisons, il fait beau toute l’année. Mais
des fois il pleut (en gros la moitié de l’année), et des fois non (l’autre
moitié). Enfin quand je dis qu’il pleut, c’est que la mousson est dans le coin.
Pas le genre de crachin breton. La grosse pluie. Avec les éclairs qui vont
avec, c’est la région où il y en a le plus dans le monde. Couper l’année en
deux, c’est un peu simplifié le problème, puisque les aborigènes distinguent 6
saisons, mais ça résume quand même bien la situation. En tout les cas, l’arrivée
à Darwin, même à 1h30 du mat, est plutôt chaude et humide. Heureusement que c’est
la saison sèche, je n’ose même pas imaginer revenir dans 6 mois… Ca fait quand
même du bien de repasser les 25°C,
après les quelques derniers jours de froid (ça reste relatif) sur Brisbane :-).
Même si Guillaume, arrivé un peu plus tôt dans la soirée, m’a laissé à la porte
pendant presqu’une heure. C’est aussi de ma faute, à prendre le backpacker le
moins cher, même après avoir lu que l’accueil 24/24h, c’est du pipeau.
Retour donc dans les territoire du Nord, un endroit marqué
par deux monuments du patrimoine mondial reconnus à la fois pour leur beauté écologique
mais aussi pour leurs aspects culturels. Après Uluru et Kata Tjuta, les
quelques jours dans les Territoires seront cette fois dédiés au Kakadu. Et au
tant attendu Litchfield, dont on peut entendre et lire tant de bien. Souvent comparé
et préféré au Kakadu, ce petit safari va nous permettre de nous faire notre
propre avis. Et puis, quitte à être là, on ira aussi jeter un petit coup d’œil au
Katherine Gorges, c’est quasiment sur la route…
Revenons à Darwin, point de chute obligé avant d’aller dans
les parcs nationaux des alentours. Ce n’est pas avant 1870 que la capitale des
Territoires sera crée, même si la baie avait été découverte quelques décennies
plus tôt, et nommé après un pote du capitaine, un certain Charles Darwin… Mais
le véritable point de départ pour la ville, c’est la deuxième guerre mondiale. Choisi
comme endroit stratégique pour contrer les japonais, la coalition
hollando-américano-australienne a fait évacué la ville avant de se faire
bombarder plusieurs dizaines de fois. Et on n’hésite pas à le faire savoir, il
y a des monuments partout, malgré le nombre de victimes relativement faible
comparé aux pertes européennes. Après la reconstruction, Darwin est resté une
importante place militaire, en plus de servir (comme Cairns) de porte vers l’Asie.
Un nouveau port est en construction pour ensuite tout envoyer par le train,
ferroviaire ou routier, vers Alice Springs. Et oui, ici les camions peuvent
faire plus de 65 m
de long et mettre 1 km
à s’arrêter une fois lancés à 100 km/h… A part ça, il y a pas mal de gisements
dans le coin (le Kakadu compte la seule mine d’uranium du pays), et là encore
comme Cairns, c’est une ville assez jeune où il fait beau faire la fête. Preuve
en est, mon arrivée est marquée par plein visages aux yeux rouges et à la
démarche titubante.
On s’est baladé un peu le lendemain, avant d’atterrir à
Mindil Beach, et son célèbre marché. Un peu assommé par la chaleur, on s’est
baigné, mis en confiance par la présence du sauveteur. On a pourtant appris un
peu plus tard que dans cette baie, il y a un peu de tout, et principalement des
trucs à dents. Comme des crocos et des requins. Encore heureux qu’on soit pas
tombé pendant la saison des méduses ! Séance séchage et dégustation de
spécialités du monde au marché qui compte un nombre impressionnant d’étalages. Comme
par exemple le roadkill dont le slogan est : ‘vous tuez, on vous le
cuisine’… Bizarres ces gens. Et parce que l’Australie, c’est tout petit, on a
croisé une allemande avec qui j’avais passé une semaine à Perth en janvier.
L’impression que laisse la ville, c’est quand même que c’est
petit. Qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Et que quelques jours ça va, mais
quelques semaines, certainement pas.