La dernière nuit fût mouvementée, mais il fallait quand même
célébré dignement l’obtention de mon master, premier diplôme depuis le bac !
Réveil difficile, mais, ô chance, nous avions bien choisi notre hébergement,
une douche chaude nous attend. La première depuis dix jours, ça fait du bien, même
si l’eau froide, c’est bon pour la peau ! Dernier plat épicé thaïlandais,
avant de se diriger vers le poste frontière. Pas de surveillance, il faut aller
à un guichet se faire tamponner le passeport, mais il est toujours possible de
rentrer dans le pays… C’est pas la même conception des frontières. Une petite
barque plus loin, un passage de rivière, et nouveau poste frontière sur l’autre
rive. Toujours sans surveillance, on n’aurait eu aucune difficulté à rentrer
sans tampon. Surtout vu la queue pour obtenir ce visa, je pensais pas qu’à un
petit poste frontalier d’un pays communiste pauvre, il pouvait y avoir autant
de monde, comme quoi, une fois de plus, les préjugés…
A quelques centaines de mètres de la Thaïlande, sur l’autre
rive, le climat, la rivière sont partagés, mais il y a quand même quelques
différences notables. Déjà, les douaniers sont encore moins gentils. On devient
millionnaire dans le ghetto avec très peu d’euros, payer un sandwich 25000, ça
fait toujours un peu bizarre la première fois :-). Et même si le nord de la Thaïlande n’est pas
aussi riche que Bangkok, et que la misère est bien présente, il n’y a rien de
comparable entre Chiang Khong et Huay Xay, que sépare pourtant qu’une petite
rivière : les rues ne sont pas pavés, il y a de la terre partout, beaucoup
plus d’ordures, les moyens sont moindres (suffit de regarder les tuk tuk), les
gens ne répondent pas aux sourires. Preuve qu’une frontière, ça peut changer
beaucoup de choses. Et on sen rend compte en marchant juste 15 minutes dans une
toute petite ville frontalière où il n’y a rien, excepté des départs de bateau
vers le nord et l’est.
Une fois nos billets pour Luang Prabang en poche, c’est
parti pour l’attente. Plusieurs formules existent pour rejoindre la deuxième
ville du pays, le bateau rapide, entre 4 et 6, une journée, accidents
possibles, casque obligatoire, ou le bateau lent, moins cher, 2 jours avec 60
personnes et l’obligation de s’arrêter dans une ville au milieu du parcours. Quitte
à être sur le Mékong, autant avoir le temps de l’admirer un peu, alors c’est
parti pour deux journées d’inconfort à ne rien faire sur un bateau. Si ce n’est
observer le paysage, la vie sur la rivière, les (nombreux) gens qui vivent sur
les rives… Tout simplement magnifique !